Rituels de la musique militaire (Laurent Pensa / musicien-brancardier du 31 RI 1914-1918).

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Rituels de la musique militaire (Laurent Pensa / musicien-brancardier du 31 RI 1914-1918).

Message  Admin le Mer 11 Sep - 21:49

Les rituels de la musique militaire


À toute époque, la musique se trouve associée au fonctionnement des armées. Au début du XXe siècle, elle garde sa fonction initiale de moyen de signalisation sonore face aux éléments perturbateurs du champ de bataille (cris, bruit du canon, fumée, fusillade). Les instruments privilégiés pour transmettre les ordres du chef sont les instruments au son aigu comme la trompette, le fifre et le tambour. La musique d’ordonnance sert également à disposer les troupes sur le champ de bataille et à leur insuffler de l’énergie et du courage au moment de partir au combat.

En 1914, les manœuvres de l’infanterie et de la cavalerie s’inspirent encore largement de ce cérémonial guerrier et de ses représentations épiques du combat. Les carnets de Laurent Pensa en apportent un bel exemple quand le 17 février 1915, la musique de son régiment est appelée à jouer 9 fois La Marseillaise sous la mitraille pour soutenir les troupes parties à l’assaut de la Butte de Vauquois. Le cas apparaît cependant isolé, du moins s’est-il révélé obsolète, à l’usage, et désuet face au bruit assourdissant du champ de bataille et au caractère routinier des modes d’opération. Désormais, c’est au son du canon bien plus qu’en musique que se règle l’initiation au combat.

Dans le cadre d’une guerre moderne, les musiciens servent prioritairement à d’autres tâches. Non combattants, les directives leur assignent des missions d’intendance auprès du petit état-major du régiment et de soutien au service de santé comme brancardiers. C’est durant les périodes de repos, à l’arrière du front, que la musique retrouve un rôle plus conforme à ses attributions. Dans les zones de cantonnement, c’est elle qui ordonne la vie quotidienne du troupier comme au temps de la garnison : clairons et tambours sonnent le réveil, l’appel au rassemblement, le couvre-feu ou encore la sonnerie aux morts. Elle a aussi pour utilité de rythmer les marches des troupes partant à l’exercice ou en manoeuvre pour maintenir la discipline et rendre moins pénible l’effort.

La stabilisation du front contribue surtout à mettre en valeur la musique d’harmonie. On la sollicite pour toutes les occasions qui se prêtent au décorum militaire : marches funèbres, remises de décorations, visites de personnalités, inaugurations de monuments, etc. Elle constitue aussi un lien entre les communautés civiles et militaires, une vitrine des forces armées et une source de divertissement. Des concerts* sont régulièrement programmés dans les zones de cantonnement pour distraire et relever le moral de la troupe mais aussi à l’arrière dans le cadre de la mobilisation culturelle des sociétés en guerre.

* Suivant une tradition bien établie avant guerre, les programmes des musiques artistiques mêlent des oeuvres célèbres du grand répertoire arrangées pour musique militaire et des musiques de divertissement (chansons populaires, musique d’accompagnement des projections du cinéma aux armées).
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emploi des musiciens

Message  jean-claude le Mar 24 Sep - 8:52

A savoir quand même que les musiques étaient souvent en sur effectif par rapport à la réglementation (décision du chef de corps qui prenait le sureffectif sur le personnel du régiment) dans ce cas ces personnels avaient un emploi "guerre". Mon grand-père maternel était violoniste et chanteur d'opéra, pourtant au début de la guerre de 14 il est parti combattre (chemin des dames, cote 316, mort-homme... 'lh, mm)
Parfois aussi les qualifications civiles prenaient le pas sur l'emploi de musicien : mon autre grand père était percussioniste mais il a fait la guerre dans son emploi civil car il était mécanicien à la compagnie des chemins de fer du nord et l'armée avait besoin de personnel pour conduire les trains militaires...

Il faut aussi savoir que, plus tard, certaines formations dites "musique régimentaire" avait un emploi guerre comme cela a été le cas pour la musique du 151 lorsqu'elle était à Thierville. Elle formait la section mortier lourd du régiment. Emploi par ailleurs bien mal choisi pour des musiciens.. (bonjour les oreilles ! )

















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